Flou et fièrement flou
Bo Zhang
Au musée de l’Orangerie, une exposition explore le thème du flou, en écho aux célèbres Nymphéas de Claude Monet. Loin de l’interprétation médicale souvent associée à une déficience visuelle, le flou est ici présenté comme un parti pris esthétique à part entière.
Ce choix de l’indéfini et de l’indistinct marque un éloignement délibéré de la netteté propre au naturalisme. Il s’accompagne d’une porosité entre les médiums, faisant du flou à la fois le symptôme d’un monde en quête de repères et le remède à son désenchantement. Par nature insaisissable, le flou ouvre un espace d’exploration pour les artistes et designers contemporains. Il devient un levier d’expression pour revisiter nos perceptions, interroger la réalité et introduire de nouvelles formes de sensibilité. De nombreux créateurs choisissent ainsi de dissoudre les contours, proposant des objets ou des environnements propices à la contemplation, à la spiritualité, voire à la méditation.