Brasures or sans cadmium
06.2006
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Parmi les diverses techniques d'assemblages mises en œuvre pour la fabrication des bijoux, la plus largement utilisée est sans conteste le brasage. Cette technique, très ancienne, peut aussi bien être pratiquée pour des productions de masse avec des moyens industriels que pour des productions plus restreintes avec un matériel rudimentaire. Elle concerne quasiment l'ensemble des entreprises du secteur de la bijouterie-joaillerie.
La plupart des métaux d'apport utilisés pour le brasage contiennent un pourcentage important de cadmium (de 3 à 15 %). Or, ce métal présente des risques toxicologiques importants pour le personnel exposé aux vapeurs ou aux particules de cadmium et d'oxyde de cadmium. Les personnes concernées par ce risque ne sont pas seulement celles qui réalisent les opérations de brasage, mais également les personnes travaillant à l'élaboration des métaux d'apport ou effectuant des travaux d'émerisage ou de polissage des ouvrages brasés.
La forte toxicité du cadmium et de ses composés a conduit à une sévère réglementation de son usage. C'est notamment le cas avec la directive européenne 2002/95/LE (dite "directive RoHS"), transposée en droit français par le décret n° 2005-829 du 20 juillet 2005, qui impose une teneur limite en cadmium de 0,01 % en poids dans les matériaux homogènes utilisés dans les équipements électriques et électroniques, et en particulier dans les montres à quartz. Même si, à ce jour, aucune réglementation française ne concerne les bijoux, la tendance générale, notamment au niveau de la réglementation européenne, est de limiter l'utilisation de substances toxiques dans le cadre d'une politique de prévention en matière de santé, de sécurité et d'environnement.
Dans ce contexte, les principaux fabricants d'alliages pour le brasage des métaux précieux ont développé depuis plusieurs années une gamme de métaux d'apport sans cadmium. Néanmoins, la substitution est relativement lente et, d'après Cookson-Clal, acteur majeur dans la fabrication et la distribution de métaux d'apport, près de 40 % des brasures commercialisées en France dans le secteur de la bijouterie contiennent encore du cadmium.
L'objectif de la présente étude est d'inciter les fabricants à abandonner l'usage des brasures contenant du cadmium, en démontrant, par le biais d'essais comparatifs, que des métaux d’apport sans cadmium permettent de réaliser des assemblages brasés qui présentent des caractéristiques équivalentes à ceux réalisés avec des métaux d’apport contenant du cadmium.
En complément de cette étude, un chapitre est consacré à la toxicologie, la réglementation et les recommandations liées à l'emploi du cadmium (annexe 4).