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Conversation #12 : Attirer, former, transmettre

Comment donner envie aux nouvelles générations de rejoindre les métiers de la bijouterie-joaillerie ?

Créé le 12.10.2026

Lors d’une Conversation du Rendez-Vous de Francéclat animée par Karine Vergniol, Monika Brugger (ENSAD Limoges), Marie-Christine Grocq Parruitte (groupe MCGP) et Alain Proust (Comité Colbert) ont échangé sur les défis de formation et de transmission dans la joaillerie.

Photo Conversation 12

Alain Proust, Karine Vergniol, Monika Brugger et Marie-Christine Grocq Parruitte

Faire connaître les métiers de la main

Joaillier, sertisseur, polisseur… Ces métiers essentiels restent méconnus. Pour susciter des vocations, il faut les rendre plus visibles et montrer la diversité des parcours, notamment auprès des jeunes générations. Le Comité Colbert contribue à cette démarche, notamment à travers l’initiative Les DeuxMains du Luxe, qui valorise les métiers et les savoir-faire auprès de nouveaux publics. Les maisons multiplient également les actions de découverte, tandis que les événements et les contenus numériques permettent de toucher les jeunes générations.

« Pour susciter des vocations, il faut d’abord faire connaître ces métiers de la main, les rendre visibles et désirables, pour donner à une nouvelle génération l’envie de les rejoindre. »
Alain Proust, secrétaire général du Comité Colbert

Former et transmettre les savoir-faire

L’apprentissage ne se limite pas à l’acquisition de gestes techniques. Dans les ateliers, les artisans doivent aussi comprendre la pièce dans son ensemble, anticiper les difficultés et trouver des solutions adaptées. Cette capacité à réfléchir autant qu’à faire est essentielle pour gagner en autonomie et répondre aux exigences de la création joaillière. Le groupe MCGP mise notamment sur la formation en interne et l’accompagnement de personnes en reconversion. L’organisation du travail en petits collectifs favorise une vision globale de la pièce et permet aux apprentis de maîtrise progressivement l'objet.

« Dans nos métiers, la formation ne s’arrête pas à l’entrée dans l’atelier : les gestes se renouvellent avec les produits et les savoir-faire continuent de se construire tout au long de la carrière. »
Marie-Christine Grocq Parruitte, présidente du groupe MCGP

Préserver les savoir-faire sans figer les pratiques

Certains gestes et certaines techniques risquent de disparaître faute de transmission. Pour préserver ce patrimoine vivant, il est essentiel de favoriser les échanges entre générations et de documenter les pratiques, tout en maintenant leur apprentissage au contact des artisans expérimentés.

Cette transmission doit permettre aux savoir-faire d’évoluer, en tenant compte des innovations, des matériaux et des conditions de travail. L’enjeu est de conserver la maîtrise du geste tout en laissant une place à l’expérimentation.

La technologie au service de la main

Modélisation 3D, impression 3D, nouveaux matériaux et intelligence artificielle élargissent les possibilités de création et de fabrication. Ces outils peuvent faciliter certaines étapes, mais ils ne remplacent ni l’expérience ni le regard de l’artisan. La qualité d’une pièce dépend toujours de la compréhension des matières, de la précision des gestes et du travail de finition.

« On pense et on fait : le cerveau guide la main, et la main nourrit à son tour la réflexion. »
Monika Brugger, enseignante à l’ENSA de Limoges

En conclusion

Attirer les talents, former les artisans et transmettre les savoir-faire sont trois enjeux indissociables pour l’avenir de la joaillerie. La technologie ouvre de nouvelles perspectives, mais elle doit rester au service de la création et du geste. Car transmettre un métier, ce n’est pas figer une tradition : c’est donner à celles et ceux qui l’apprennent les moyens de la faire vivre et évoluer.