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Retour sur les Rencontres RSE

Revivez l'événement RSE de nos filières

Créé le 28.04.2026
Denis Geffrault (La Trésorerie)

Denis Geffrault (La Trésorerie)

© Joffrey Piguet - Francéclat

Les Rencontres RSE comme si vous y étiez grâce à notre synthèse de la journée : tables rondes, témoignages, Guide RSE et Prix RSE.

Entreprises engagées : des cas concrets pour faire avancer la RSE

Ce mercredi 22 avril, la Climate House à Paris a accueilli la première édition des Rencontres RSE organisées par Francéclat. Au-delà de la remise du Prix RSE 2026, cet événement avait pour ambition de « réfléchir aux pratiques, influencer et valoriser les initiatives portées par nos filières », comme l’a souligné Hervé Buffet, Délégué général de Francéclat, en appelant à une RSE « utile », créatrice de valeur durable. De l’accompagnement des PME aux retours d’expérience, en passant par l’essor de la seconde main, ces Rencontres ont mis en avant plusieurs leviers concrets pour soutenir les entreprises dans leurs démarches.

Francéclat déploie un guide et un outil pour structurer la RSE des PME

Un guide et un outil « 360° » ont été présentés pour accompagner les PME dans la structuration de leur politique RSE, encore souvent fragmentée. « Seules 28 % d’entre elles disposent aujourd’hui d’une politique formalisée. Beaucoup mènent pourtant déjà des actions, mais sans les intégrer à leur stratégie », a expliqué Anouck Quéméneur, responsable RSE chez Francéclat. L’objectif : lever les freins méthodologiques et réglementaires en proposant un cadre progressif, concret et directement mobilisable.

Ce guide – qui détaille enjeux et bénéfices propres aux filières ainsi que les étapes de déploiement – s’accompagne d’un outil codéveloppé par le cabinet spécialisé Goodwill-management. Sous la forme d’un fichier Excel, il couvre l’ensemble du processus : cartographie des parties prenantes, analyse de double matérialité, évaluation du niveau de maturité, hiérarchisation des priorités, définition d’un plan d’action, organisation du reporting.

L’ensemble repose sur la VSME, norme volontaire issue de la CSRD, afin d’aligner les pratiques avec les attentes des grands donneurs d’ordre. « Cet outil s’inscrit dans un travail de plusieurs mois : c’est un projet de long terme », a précisé Sarah Bougeard, consultante chez Goodwill-management, ajoutant qu’un accompagnement terrain sera proposé aux entreprises. Testé par le verrier Arc, le dispositif a été jugé « très guidé » et « facile à suivre » par François Merriaux, responsable RSE, qui y voit une « source d’idées concrètes » pour structurer et enrichir sa démarche.

Pour obtenir le guide ou en savoir plus, les entreprises peuvent se rapprocher d’Anouck Quéméneur (a.quemeneur@franceclat.fr).

La RSE vue de l’intérieur

Les Rencontres ont offert un regard croisé sur la mise en œuvre d’une politique RSE en entreprise. Trois structures, trois niveaux de maturité et autant de manières d’aborder ces enjeux.

À la tête d’une TPE, Lucile Viaud a intégré ces enjeux au cœur de son activité. Portée par l’envie « de créer des objets qui font sens », elle fabrique des verres à partir de ressources locales et de déchets dans une logique d’économie circulaire. S’y ajoutent d’autres initiatives, comme l’installation sur une friche agricole, la récupération d’eau de pluie ou encore le choix de quitter les réseaux sociaux pour « privilégier des modes de communication responsables ».

Du côté de Thom Group (Histoire d’Or, Agatha), la RSE a été impulsée par la direction générale, avec une accélération en 2022 via la création d’un département dédié. « L’objectif est d’améliorer l’impact de notre modèle et d’embarquer l’ensemble des collaborateurs », explique Estelle de Formont de Caneva, Directrice RSE. La feuille de route à horizon 2030 s’articule autour de trois axes : ressources humaines ; environnement et éthique ; et durabilité des produits. Le travail mené se concentre aujourd’hui sur l’amont de la chaîne de valeur, avec un effort de traçabilité et d’accompagnement des fournisseurs, ainsi que sur la sensibilisation interne des équipes.

Entre ces deux modèles, Aurouet de Mervelec, PME d’une cinquantaine de collaborateurs, illustre une démarche engagée dès 2011 à la suite d’une demande de certification Responsible Jewellery Council (RJC) de la part d’un client. L'entreprise a ensuite suivi un déploiement progressif d’initiatives - porté par Candice Aurouet Harel, Directrice Générale -, du bien-être au travail à l’installation d’un système de traitement des eaux usées, en passant par la réalisation d’un bilan carbone.

Les trois témoignages convergent vers un même constat : la RSE s’inscrit dans le temps long. Elle évolue d’une logique d’engagement vers une approche plus stratégique sous l’effet des attentes croissantes des partenaires mais aussi des salariés, renforçant leur fierté d’appartenance et améliorant leurs conditions de travail.

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Lucile Viaud (Atelier Lucile Viaud), Candice Aurouet-Harel (Aurouet de Mervelec), Estelle Formont de Caneva (Thom Group), Victoire Satto (The Good Goods)

© Joffrey Piguet - Francéclat

La seconde main rebat les cartes du luxe

Les échanges ont également mis en lumière la montée en puissance de la seconde main dans les filières HBJOAT. Longtemps associée à une offre secondaire, elle s’est profondément transformée en une décennie, portée par la professionnalisation des acteurs et la multiplication des plateformes. « L’expertise en authentification progresse et les prix tendent à s’aligner », a souligné Maximilien Urso, PDG d’Efficio Group, mentionnant aussi le rôle croissant de la blockchain et des certificats numériques.

Cette évolution redéfinit la place de ce marché – en croissance d’environ 10 % par an – désormais intégré aux stratégies des marques. « Elles n’ont plus vraiment le choix », a déclaré Fabienne Lupo, fondatrice du salon ReLuxury, qui y voit aussi une manière de « se réinventer ».

Chez Christofle, la collection vintage lancée en 2022 répond à un double enjeu : « Se réapproprier des pièces qui circulaient sur d’autres marchés et toucher une nouvelle clientèle », a expliqué Marie Kennel, Directrice RSE. L’internalisation du rachat, de l’authentification et du reconditionnement a impliqué une transformation des opérations, avec notamment la mise en place d’une logistique inversée et la création d’une entité dédiée.

Dans l’horlogerie, ce marché repose surtout sur la confiance et l’accompagnement. « Le preloved permet de toucher une clientèle plus jeune et de faire entrer des clients qui n’auraient pas osé pousser la porte d’une bijouterie traditionnelle », a observé Hervé Vercoutere, responsable de Time Collector chez Lepage. Pour répondre à ces nouveaux usages, le joaillier a ouvert à Lille une boutique entièrement dédiée à la seconde main, conçue comme un point d’entrée plus accessible et où l’expérience en magasin reste centrale.

L’investissement comme levier de transition

L’intervention d’Arthur Auboeuf, cofondateur de Team for the Planet, a déplacé la réflexion vers les modèles économiques eux-mêmes. Ce collectif d’investisseurs vise à identifier et accélérer des innovations capables de réduire massivement les émissions. « Les solutions existent déjà : l’enjeu est désormais de les déployer à grande échelle », a-t-il résumé. À ce jour, plus de 50 millions d’euros ont été investis dans une quinzaine de projets.

Le modèle repose sur la mise en relation entre technologies et entrepreneurs capables de les porter, avec des critères : capacité à passer à l’échelle, absence d’effets rebond, diffusion large des solutions… L’exemple de Beyond The Sea, qui développe des systèmes de propulsion maritime par vent pour navires marchands, illustre cette approche, avec « 30 à 40 % d’économies de carbone » observées.

Au-delà du financement, Arthur Auboeuf a insisté sur les limites du modèle économique actuel. « Les services rendus par les écosystèmes n’y valent rien », a-t-il regretté, pointant une « matrice » encore fondée sur des logiques extractives. Il appelle donc à repenser les modèles d’affaires, en passant d’une logique de volume à une approche fondée sur la durabilité et la circularité. « Le luxe offre un terrain particulièrement propice à cette transition, car il repose sur des récits et une histoire », a-t-il conclu, invitant les acteurs à mobiliser leur capacité de narration pour accompagner ces transformations.

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Arthur Auboeuf (Team for the planet)

Des initiatives concrètes récompensées

Pour sa quatrième édition, le Prix RSE de Francéclat a mis à l’honneur des démarches engagées parmi les filières. L’enseigne de distribution La Trésorerie a obtenu le premier prix pour son modèle d’approvisionnement fondé sur une production majoritairement européenne et des matériaux naturels. La maison de joaillerie Paulette à Bicyclette est arrivée en deuxième position, saluée pour son intégration verticale, son recours à l’or Fairmined et sa traçabilité. Enfin, la marque de bijoux Retour de Plage complète le podium avec un modèle intégré reposant sur le « juste stock », une démarche RSE labellisée et des actions en écoconception et réduction de l’empreinte carbone.