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Capucine Huguet

Créatrice engagée

Créé le 02.02.2024

La jeune joaillière française imagine des bijoux liés à l’urgence climatique. Passionnée par son sujet, elle a reçu plusieurs récompenses au cours des derniers mois, dont un prix RSE de la part du comité FRANCECLAT.

Propos recueillis par Frédéric Martin-Bernard et Ludovic Blanquer

FRANCÉCLAT : Pour commencer, pourriez-nous vous parler de votre dernière création ?

CAPUCINE HUGUET : Il s’agit de la broche Cristellaria Echinata, ma première pièce de haute joaillerie que j’ai terminée pour les salons Gem Genève et Timeless Jewels en novembre dernier. Elle est composée d’une topaze de 100 carats, de saphirs blancs et de diamants qui figurent un plancton. C’est une pièce assez énorme : ma création la plus ambitieuse sur laquelle j’ai travaillé pendant des mois.

FRANCÉCLAT : D’où vient son nom ?

CAPUCINE HUGUET : Toutes mes créations sont inspirées de phénomènes liés à l’urgence climatique. Leurs noms évoquent des données scientifiques. Ils racontent la genèse, l’histoire du bijou. Par exemple : Cristellaria Echinata est le nom latin du phytoplancton qui est actuellement en danger. Auparavant, j’avais créé une collection liée à la fonte des glaces, pour laquelle j’étais partie en expédition au pôle Nord. Toutes les pièces de cette collection portaient des noms norvégiens. Ils étaient déjà un peu compliqués à retenir et à prononcer.

FRANCÉCLAT : En quoi, la broche Cristellaria Echinata est-elle représentative des valeurs de votre démarche ?

CAPUCINE HUGUET : A travers mes bijoux, j’essaie de communiquer sur la protection de la planète, de sensibiliser le public au dérèglement climatique. Lors de mes études à la Central Saint Martins School de Londres, j’avais rédigé un mémoire sur les artistes qui défendent des causes à travers leurs œuvres et, par extension, sur les raisons pour lesquelles je considère le bijou comme une forme d’art et, enfin, sur la façon dont on peut utiliser la joaillerie pour mettre certains sujets sur le devant de la scène. Vivienne Westwood dans la mode, Olafur Elliasson dans l’art ou encore Ludovico Einaudi en musique sont des artistes qui, chacun dans leur domaine, ont parlé de l’urgence climatique.

J’ai envie de tenir le même discours en joaillerie. De profiter de la visibilité de certaines de mes pièces pour raconter pourquoi la nature est en danger. Depuis la nuit des temps, le bijou est porteur de messages, de valeurs. Il permet de s’identifier à un groupe, de montrer son attachement à une personne, une religion, une cause… Ma broche parle de ce problème à travers sa forme et, au niveau des matériaux, j’utilise de l’or recyclé, les pierres sont sourcées de la manière la plus responsable possible et, lorsque j’emploie des diamants, ce sont des diamants anciens.

Tout est réalisé à Paris, en circuit très court et, enfin, je reverse une partie de mes bénéfices à Climeworks qui chercher à capturer le carbone de l’air ambiant en le filtrant.

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