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Léa Maleh

Ou l'art de la table sur mesure

Créé le 12.09.2024

Depuis 2019, cette designer libano-française dessine des pièces particulières pour les restaurants de grands chefs à travers le monde. Entretien exclusif pour Franceclat.

FRANCÉCLAT : Vous avez un parcours riche, varié, sur lequel on reviendra au cours de cet entretien. Mais pour commencer, en guise de mise en bouche puisque vous œuvrez dans les arts de la table, parlez-nous de votre dernière création !

LÉA MALEH : Ma dernière création répond à une demande du chef Julien Royer du restaurant trois étoiles Odette à Singapour. Il m’avait déjà acheté des assiettes l’an passé. Puis, il a souhaité un service à fromage, sur mesure, créé à partir d’un ovale. Or, c’est une forme que j’évite dans mes créations car l’ovale est extrêmement difficile à travailler. On peut vite tomber dans le déjà-vu, pas très contemporain. Mais Julien tenait à ce plateau ovale pour présenter plusieurs fromages.

J’ai donc interprété sa demande comme une règle imposée. J’ai retravaillé le cercle pour lui donner une forme plus allongée. Je l’ai appelée « éclipse » car on a l’impression de deux disques qui se superposent. Cela permet une parfaite prise en main de l’assiette comme du plateau.

FRANCÉCLAT : Il me semble que ce n’est la première fois que vous faites référence aux éclipses dans vos créations !

LÉA MALEH : Pas plus tard qu’hier, une cliente m’a déjà fait remarquer que mes inspirations étaient très astrales. J’ai été quelque peu surprise car je ne l’avais pas noté… Comme quoi on n’a jamais assez de recul sur son propre travail !

En collection, il y a effectivement deux grandes assiettes de présentation, intitulées Luna, qui ont été créées en partant de l’idée d’un repas en plusieurs étapes, avec différentes dégustations, à l’aide d’un système de deux assiettes qui se superposent pour faire découvrir les mets au fur et à mesure. C’était toujours la même base mais, à chaque nouveau plat, cette base se déclinait légèrement pour reproduire une éclipse… Le projet n’a pas abouti dans sa globalité car il était techniquement irréalisable.

Ce fût même le premier d’une série de flops en porcelaine. Cette matière vous force à rester humble. Entre le dessin d’intention, la 3D réalisée de manière numérique, le prototype en résine et l’objet final, il y a toujours un monde !

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